Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 19:19

La majorité, nous dit-on, doit en revenir à ses “fondamentaux”. Soit. Et parmi, ces “fondamentaux”, figure en première ligne la sécurité.

 

En tant que simple citoyen, mais aussi en tant que maire, j’attache à la sécurité de mes proches et à celle de ma ville une grande importance et même une claire priorité. La sécurité est bien la première des libertés, ou, en tout cas, une liberté fondamentale.

 

Personne ne discute qu’en la matière, la responsabilité incombe d’abord à l’Etat. Mission régalienne, s’il en est.

Comment l’assume-t-il aujourd’hui dans notre pays? Le débat est animé, en cette période estivale. Plusieurs cas de violence récents, où la loi républicaine a été bafouée de manière inacceptable, expliquent ce retour en force de la question dans l’actualité politique.

 

Comme je m’efforce de le faire le plus souvent possible, je voudrais m’exprimer sur le sujet avec mesure.

 

D’abord un constat qui, je le sais, ne convaincra personne: notre pays n’est pas à feu et à sang; quand on considère ce qui se passe à l’étranger, dans des Etats économiquement et socialement comparables au  nôtre, on voit que nous ne faisons pas plus mal que les autres. Il y a des quartiers difficiles partout ailleurs en Europe et en Amérique du Nord.

 

Deuxième constat, et ici je m’appuie sur mon expérience de maire de Bordeaux: des progrès indéniables ont été accomplis depuis quelques années. On m’objectera qu’on fait dire aux statistiques tout et son contraire. Mais lorsque la méthode de calcul est la même au fil du temps, l’évolution des chiffres a une signification incontestable. Or, les chiffres de la criminalité et de la délinquance, notamment ceux de la délinquance de voie publique, ont connu une baisse régulière. Et, fait plus significatif encore, le taux d’élucidation des affaires est lui en hausse, ce qui veut dire que, sous l’impulsion des responsables politiques, les services de police et la justice sont plus efficaces. Un signe ne trompe pas: il y a dix ans, une part importante des débats dans les conseils de quartier de Bordeaux, tournait autour de la sécurité ou plutôt de l’insécurité; depuis 4 à 5 ans, la question est rarement soulevée, de manière spontanée, par les participants. Le sentiment populaire rejoint l’enseignement des statistiques officielles.

 

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes? Ce serait un déni de réalité que de le prétendre. Il y a bien, en France, des zones de non-droit où les lois sont bafouées et où la police hésite à pénétrer. Et globalement, même si les crimes et délits sont moins nombreux, c’est toujours trop. L’équilibre, même dans les secteurs réputés paisibles, est fragile.

 

Alors, que faire?

 

Durcir la loi? Ce peut être nécessaire. A condition que la loi nouvelle ne soit pas de pure circonstance et surtout qu’elle soit applicable et appliquée dans la durée. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas. Souvent les textes en vigueur suffiraient, s’ils étaient vraiment appliqués.

 

S’agissant par exemple de l’extension des motifs de déchéance de la nationalité française, je note avec intérêt l’interrogation de Gérard Larcher, président du Sénat, dans Le Figaro d’aujourd’hui:

 

“Applique-t-on réellement le droit déjà en vigueur? L’article 25 du Code civil ne fournit-il pas déjà la réponse à la plupart des questions posées? C’est ce que nous devrons vérifier. ”

 

Je rappellerais volontiers, dans la foulée,   cette belle maxime de Montesquieu: “Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.”

 

La priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. L’argument selon lequel une mesure recueille la faveur des “sondés” est à manier avec modération. Il est probable que, si au lendemain d’un crime odieux, on demandait, par sondage, aux Français leur opinion sur le rétablissement de la peine de mort, leur réponse serait sans ambiguïté. Faudrait-il pour autant suivre la tendance majoritaire? Ou croyons-nous toujours qu’il existe des principes eux aussi “fondamentaux”?

 

De là à soutenir que les libertés publiques sont en danger en France, il y a évidemment de la démesure. Malgré toute l’estime et même l’amitié que j’ai pour lui, je trouve que Michel Rocard, lorsqu’il évoque Vichy et le nazisme, perd le sens commun.

 

Il est même possible d’affirmer,au contraire, que plusieurs réformes récentes ont renforcé nos libertés de citoyen français. Je pense notamment à l’ouverture, voulue par Nicolas Sarkozy, des possibilités de saisine du Conseil constitutionnel. Désormais, un simple citoyen, à l’occasion d’un litige particulier, et sous certaines conditions, peut demander à notre cour suprême de se prononcer sur la constitutionnalité d’une loi qui ne lui a pas été déférée au moment de son vote. La procédure dite  QPC (question préalable de constitutionnalité) a déjà eu des effets remarquables, notamment l’injonction faite au gouvernement de modifier les règles et les pratiques de la garde à vue dans notre pays.

 

Pour en revenir à la sécurité des personnes et des biens, le plus important, si j’en juge toujours d’après mon expérience de maire, c’est que la politique soit globale. Elle doit associer tous les acteurs concernés: la police, la justice, mais aussi les élus locaux, et le réseau associatif dont le rôle est primordial en matière de prévention, de formation, de ré-insertion…

 

Dans cet esprit, la loi donne au maire un rôle de chef d’orchestre fondé sur sa proximité avec les citoyens. C’est le maire qui préside le “conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance”  (CLSPD) où se retrouvent tous les partenaires que j’ai cités. On y fait du bon travail, du moins si je me réfère au cas de Bordeaux.

 

La police, dans son rôle principalement dissuasif et répressif, a bien sûr une responsabilité tout à fait essentielle. Comment lui permettre de travailler le mieux possible? Je ne suis pas un spécialiste de l’organisation policière et je me garderai donc bien de présenter “mon plan”. Je constate simplement deux choses: d’abord l’importance de la chaîne de commandement, de Paris au terrain, et notamment de l’engagement des préfets et des directeurs départementaux de la sécurité publique. Disons le crûment: il y a des fonctionnaires plus efficaces que d’autres. J’ai la chance à Bordeaux d’avoir des bons.

 

Ensuite le maillage territorial. Qu’on appelle cela police de proximité ou autrement pour éviter toute polémique, qu’on tire les leçons des expériences passées, plus ou moins réussies, j’en suis d’accord. Mais qu’on soit réaliste: la présence de policiers bien formés et bien encadrés sur le terrain, selon des formules diversifiées en fonction des situations elles mêmes diverses (il est vrai que la circonscription de police de Bordeaux n’est pas le 9-3) est un moyen d’action incontournable. Quand le gouvernement a annoncé la mise en place des UTEQ, ces unités territoriales de quartier qui doivent justement assurer une présence policière quotidienne dans les zones sensibles, tous les maires ont applaudi des deux mains, moi le premier. Je souhaite que le déploiement annoncé de ces unités se concrétise au plus vite. C’est ce que nous demande la population. C’est ce que la pratique recommande.

 

En retour, il appartient à nos municipalités de mettre à la disposition de la police nationale (et de leurs propres polices municipales) les moyens adéquats. En particulier des caméras de vidéo- surveillance ou de vidéo-protection (de grâce, faisons l’économie des querelles de vocabulaire: il s’agit bien de surveiller pour protéger!), dont l’efficacité est reconnue. J’ai vu moi-même comment le système permet de déclencher en temps réel l’intervention d’une brigade anti-criminalité, quelques instants après que le PC municipal a détecté, sur ses écrans, un individu se préparant à utiliser son arme contre un passant. Pourquoi les dirigeants socialistes (pas tous les élus locaux socialistes heureusement!) continuent-ils à mener une guerre idéologique désuète contre un dispositif technique dont la mise en oeuvre est strictement encadrée par la loi?

 

Moins d’idéologie,plus de pragmatisme, des moyens suffisants, une volonté politique nationale et locale forte, la mise en réseau des tous les partenaires concernés, y compris les associations engagées dans la prévention… il n’y a certes pas de recette miracle, dans une société souvent portée à la violence,  mais il y a  des voies de progrès possibles.

 



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Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 18:55

Géraldine Muhlmann, Professeur de science politique et de philosophie politique à l'université Paris-II-Panthéon-Assas

 

Les Français de toutes origines qui se sont élevés contre la nouvelle annonce du président de la République proposant de déchoir de sa nationalité toute "personne d'origine étrangère" qui aurait "volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique" seraient des idéologues, enfermés dans une vision du monde systématiquement antirépressive et antisarkozyste.

 

C'est ce que veulent laisser croire plusieurs représentants de l'UMP. Coupés des réalités, ces intellectuels et autres militants. Coupés, aussi, de l'opinion publique. Bref, du pain bénit pour nos gouvernants, qui paraîtront ainsi raisonnables, conscients, eux, de la gravité de certains faits - comme l'excision, qu'Eric Besson envisage d'ajouter à la liste des crimes susceptibles d'une déchéance de la nationalité.

La ficelle est si grosse que l'esprit tacticien révèle ici sa défaite. En réalité, les Français en colère sont divers et pensent diversement, par exemple en matière de politique pénale. Ne parlant ici qu'en mon nom, je considère l'excision comme un des crimes les plus atroces qui soient, appelant une sanction très sévère, quel qu'en soit l'auteur. Mais pourquoi agiter la perte de la nationalité ?

 

Pourquoi invoquer "l'origine" du criminel, alors que celle-ci n'excuse ni n'accuse, et que c'est sur la nature du crime que doit se fonder la réflexion sur la sanction ?

 

Pas plus qu'au sujet de l'excision, rien n'autorise le pouvoir à considérer qu'à propos des autres crimes évoqués - mais attendons le projet de loi - les contestataires sont tous laxistes et, d'ailleurs, tous d'accord entre eux. En réalité l'enjeu n'est pas là ; leur point d'accord se situe ailleurs, bien au-delà du débat sur la "répression" : quoi qu'ils pensent des crimes et des sanctions pénales à en déduire, ils refusent de mélanger à ce problème celui de la nationalité.

Ce mélange n'a rien à voir avec l'attachement à la "sanction" ou à la "répression". Car il y a le droit pénal pour cela, nul besoin d'y mêler le droit de la nationalité, qui fait perdre d'ailleurs au premier une partie de sa force, liée au fait qu'il s'applique à tous de la même manière.

 

Ce mélange n'a rien à voir non plus, quoi qu'on nous dise, avec l'attachement à l'identité nationale, la fierté d'être français et les exigences que cela suppose ("Etre français, cela se mérite"). Car encore faudrait-il, dans ce cas, que n'importe quel Français puisse "déchoir". Or, seuls certains Français sont ici concernés, ceux "d'origine étrangère", avec le flou laissé à cette notion.

 

Ce mélange est une pure discrimination : certains Français sont sanctionnés différemment pour les mêmes actes que pourraient commettre d'autres Français ; ils sont du coup fragilisés avant même d'avoir commis un acte quelconque.

On répliquera : mais ce n'est pas la première fois dans l'histoire de la République française que la loi procède à ce mélange entre sanction pénale et perte de la nationalité ; il n'y a pas que l'exemple de Vichy (qui a procédé à des dénaturalisations massives pour raisons pénales mais aussi, rappelons-le, pour "origine étrangère" sans aucune infraction commise). C'est exact.

 

Mais faut-il vraiment se réjouir que l'on revienne sur la réforme de 1998, qui a étroitement circonscrit les crimes pouvant entraîner la déchéance de nationalité (terrorisme, atteinte aux intérêts de la nation) et la catégorie des personnes que cela pourrait concerner (détentrices d'une autre nationalité, pour ne pas risquer de devenir apatrides) ?

Les textes antérieurs étaient le fruit de contextes historiques très particuliers (la lutte contre les esclavagistes après 1848, l'épuration en 1945). Ils ont ensuite été utilisés de manière extrêmement rare. Et après la signature de certaines conventions européennes, certes pas toutes ratifiées, ils se sont révélés contraires au droit européen.

Nouvelle objection : ces textes antérieurs n'étaient pas anticonstitutionnels, pas plus que ne le serait le projet de loi annoncé. Réponse : ce sera au Conseil constitutionnel de le dire. Il ne faut pas oublier que certains textes peuvent apparaître a posteriori anticonstitutionnels, car le droit constitutionnel évolue avec le temps, et aussi qu'ils peuvent l'être dès leur époque tout en étant en vigueur, d'autant que les conditions de saisine du Conseil ont longtemps été restreintes (avant la dernière réforme constitutionnelle).

 

Sans présumer de la position du Conseil, il faut reconnaître que dans l'annonce de cette loi, la rupture de l'égalité entre les citoyens français est pour le moins problématique sur le plan constitutionnel.

Pour beaucoup de Français, en tout cas, cette annonce met en danger les principes fondamentaux de la République. L'indignation serait, dit-on, souhaitée par le pouvoir. Peu importe. La tactique n'est pas le tout de la politique. Et de plus, n'arrive-t-il pas aux tacticiens de se tromper ?

 

Géraldine Muhlmann, Professeur de science politique et de philosophie politique à l'université Paris-II-Panthéon-Assas
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 01:31

Vendredi 25 juin, le siège de la Fédération française de football (FFF) a été envahi par une trentaine de personnes criant « L'Algérie c'est pas la France » et encore :

« Dites à M. Escalettes que l'on veut une équipe de France blanche et chrétienne, virez les bougnoules, les “muslims” et les Noirs. Dites-lui que l'on reviendra et qu'on cassera tout. »

Entre-temps, Jean-Pierre Escalette, président de la FFF, a démissionné. Son geste a été médiatisé. Mais de l'irruption des supporters racistes, on a très peu parlé. Pourtant, la stigmatisation de la couleur, de la religion ou de l'origine supposée des joueurs de la sélection nationale est un vieux serpent de mer.

Bien sûr, vous songez à Jean-Marie Le Pen, outré en 2006 qu'une partie de l'équipe de France n'ait pas entonné à pleins poumons « La Marseillaise » sur les pelouses de l'Euro (« Certains ne la connaissent même pas »). Ou encore, quelques jours plus tard, à Georges Frêche. Le président de la région Languedoc-Roussillon, qui appartenait encore aux rangs socialistes, avait fait grand bruit en déclarant que l'équipe de France lui faisait « honte » :

« Bientôt elle comptera onze Blacks. »

On n'a pas non plus oublié Finkelkraut qui arguait qu'une équipe « black, black, black » faisait « ricaner toute l'Europe ». L'intellectuel médiatique faisait évidemment référence au label « black-blanc-beur » cuisiné à toutes les sauces dans le chaudron euphorique de la victoire tricolore en Coupe du monde, en 1998.

Un documentaire diffusé sur Canal+ début juin, à l'occasion du début du Mondial 2010 se consacre exclusivement à la dose de mélanine de la sélection nationale. Il est signé Pascal Blanchard, historien, et Morad Aït-Habbouche, réalisateur.

Histoire du foot, histoire de France

Ce que ce film inédit démontre avec efficacité, interviews de joueurs et images d'archives à l'appui, c'est l'imbrication des histoires : celle du football français avec celle de l'immigration (Platini, Kopa, Fernandez…), celles de colonies (Boli, Tigana, Zidane, Vieria…) et celle de l'outre-mer (Lama, Karembeu, Thuram, Henry…).

 

Au total, 72 joueurs Afro-Antillais ont porté le maillot tricolore. La première sélection d'un étranger en équipe de France remonte à 1908. Celle du premier Noir à 1931. Cette année-là, Raoul Diagne change l'historiographie du sport en France. Il est moitié guyanais, moitié sénégalais, on le surnomme « L'Araignée noire » depuis les gradins bardés de publicité « Dubonnet ». Son père est sous-secrétaire d'Etat africain de la République française, il inaugure l'Exposition coloniale qui s'installe justement cette année-là au Bois de Vincennes.

La famille de Karembeu exhibée à l'Exposition universelle

A l'intérieur de cette exposition dont on écoulera trente millions de billets d'entrée, des pavillons mais aussi des indigènes qu'on exhibe. Parmi eux, sur des photos d'époque, Christian Karembeu reconnaîtra « tous [ses] grands-pères et tous [ses] oncles ». Karembeu est kanak de Nouvelle-Calédonie.

Entre les deux hommes, un même destin iconique sur les pelouses tricolores. Mais Diagne devra interrompre sa carrière internationale durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que Karembeu raconte dans le film pourquoi il préférait se taire plutôt que de chanter « La Marseillaise », en 1998.

Ce qui frappe lorsque l'on regarde le film, c'est combien la France ne rompt finalement jamais avec une vision essentialiste des Noirs. Après les Jeux olympiques de 1936 et le sacre de Jesse Owens, les autorités françaises d'Afrique de l'Ouest décident même carrément de partir chercher une nouvelle élite sportive en brousse.

Vingt ans après avoir été un réservoir de tirailleurs pour l'armée, les colonies deviennent ainsi un creuset d'athlètes très prisés, malgré les caricatures qui continuent d'irriguer la publicité, le cinéma et les mentalités en général.

Mais alors que le père de Basile Boli, ivoirien, affiche au mur la photo du maréchal Leclerc qui l'avait commandé au sein de la 2e DB, ce sont les propriétés intrinsèques du corps noir qu'on célèbre quand émerge Larbi Ben Barek, « La Perle noire », alors que le Marocain a conservé depuis l'après-guerre le record inégalé du nombre de sélections en équipe de France.

 

Métaphores essentialistes

Cela n'évoluera jamais vraiment pour ceux qui lui succèderont : métaphores félines, attributs fougueux, prétendues « qualités naturelles », postes à l'attaque plutôt qu'en défense malgré Marius Trésor et Jean-Pierre Adams… Derrière ces pseudo-compliments, rien d'autre que le mythe du bon sauvage et une opposition entre nature et culture.

C'est encore le cas en 1984, alors qu'on vient de célébrer le « cinq majeur » de « l'équipe noire » demie-finaliste du Mondial 82 et qu'on salue en 1984 la victoire d'une « équipe métissée ». C'est l'année qui voit émerger le Front national, mais l'année aussi où Jean Tigana, mère marseillaise et père sénégalais, parle de « mélange de races » tandis que les commentateurs évoque « un Africain qui n'est pas vraiment africain ». La preuve ? « Il a l'accent du Midi ! »

Les premières attaques ouvertement racistes jaillissent surtout à partir de 1996. C'est le début des cris de singes dans les stades italiens, c'est aussi l'époque à laquelle émerge la génération de Lilian Thuram ou Thierry Henry. Cette génération-là se rebellera contre les attaques racistes, qu'elles viennent des supporters ou d'un entraineur comme Luis Aragones qui traitait Henry de « nègre de merde ».

Curieusement, plus les joueurs seront nés français (dans les DOM-TOM ou de parents immigrés dans l'Hexagone) plus le phénomène amplifiera. Justement parce qu'on parle ici de couleur et qu'Henry lui-même utilise le terme de « race ».

« Black-blanc-beur », « un faux slogan »

C'est cette génération-là qui a remporté le Mondial 98, et de ce groupe à l'image de la France dont est issu Zidane, personnalité préférée des Français. Or, pour Lilian Thuram, c'est précisément l'effet pervers d'un slogan comme « Black-blanc-beur » :

« Tous ces faux slogans parasitent la réflexion. Un Maghrébin ne peut pas devenir président de la République en France. »

Thuram est connu pour ses initiatives antiracisme. Lama est le premier à s'être ouvertement exprimé sur la question alors que Luc Sonor trouvait ça banal. Le gardien de but né en Guyane raconte la difficulté qu'ont les joueurs français à se saisir de la question :

« Il y a un véritable problème dans la société française parce que justement on n'en a jamais vraiment parlé. Et même nous, il a toujours été très difficile pour nous de nous exprimer sans être ghettoïsés, considérés comme extrémistes.

Simplement parler de soi, de sa personnalité, de sa couleur, de ses origines à un moment donné, ce n'était pas politiquement correct en France. »

Il a fallu attendre 2005 pour que l'équipe de France dispute son tout premier match sur un terrain ultramarin. Et alors que Thuram, Henry, Angloma, Silvestre, Anelka, Saha y ont leurs origines, l'initiative avait fait débat.

Thierry Henry, qui a marqué le plus de buts avec le maillot tricolore, dit justement ceci de son enfance aux Ulis, en banlieue parisienne :

« J'ai commencé à me retourner et à chercher mes racines vers 19, 20 ans. Le mec qui arrive en France à 9, 10 ans, arrive avec ses racines. Celui qui grandit en France… il les cherche. »

Aujourd'hui, la sélection française est la plus métissée d'Europe. Mais, quand elle échoue sur les pelouses sud-africaines, ce qu'une bande de supporters racistes demande à la Fédération, c'est de « virer les bougnoules, les “muslims” et les Noirs ».

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 14:23

Ah, la langue anglaise et le légendaire accent français... Je ne vous apprend rien, l'anglais, c'est LA langue à connaître pour voyager, faire des affaires, et plus si affinité... Notre accent est si awesome qu'il vous sera très facile de vous faire des ami(e)s.

Plusieurs sites interessants:

- www.gumtree.com : vous y trouverez des jobs, des logements pas chers (studios, chambres dans des familles d'accueil/host families).

- http://www.unite-students.com/ : vous y trouverez des logements (accomodations) pour l'été, très propres, très bien situés, qui ne sont pas très chers car destinés à des jeunes étudiants (toute l'année, ce sont des logements universitaires, et l'été, il le loue à des jeunes en quête d'aventures, excellant si vous cherchez à rencontrer des jeunes du monde entier).

 

 

Si vous cherchez à aller:

 

  • En Angleterre: Cela dépend de ce que vous voulez y faire

                            - Cours de langues: sans vouloir faire de pub, mais le site esl.com est très bien rapport qualité/prix. De plus, c'est très rapide ou vous pouvez avec eux partir à la dernière minute (je dis cela par expérience; lol). par exemple, à peine 900€ pour 2 semaines de cours intensif à Bournemouth, nourri et logé dans une famille d'accueil.

 

                            - Travailler l'été, etc: le sud de l'Angleterre est excellant pour combiner travail et détente, plus particulièrement Bournemouth, grande cité balnéaire (eh oui, il y a du soleil en Angleterre), connue pour ses nombreuses écoles de langues. Londres est à éviter pour un français désireux de parler anglais (car c'est la 4eme ville de France avec plus de 600 000 français y résidant). Je vous conseille de d'abord choisir un endroit en particulier, puis de chercher un logement (gumtree ou unite-students) et d'envoyer quelques CV par e-mail (pour des modèles, demandez-moi, je suis passé par là). Si une fois arrivée sur place, le travail auquel vous avez postulé ne vous convient pas, pas de problème (idem pour ceux qui y vont sans travail): imprimez votre CV en pas mal d'exemplaires, et faite le tour des magasins, bars, resto, boîtes, en demandant toujours de parler à un responsable. Eh là, on a de la chance, les français sont bien vus dans les hotels et restaurants par exemple (peut-être parce que bcp de responsables ou cuisto sont français, et qu'ils sont passé par là eux aussi, allez savoir). Allez dans les boîtes d'interim, on vous aidera aussi.

 

                            - Pour y allez, plusieurs moyens, mais là, je n'apprend rien à personne: low-cost (attention, ce n'est pas si low-cost que ça, puisque les aeroports ne sont pas très proches des villes, et les services de bus, taxi, etc, ça peut couter bonbons); Le ferry: pour aller dans le sud de l'angleterre avec ou sans voiture, c'est super économique; l'eurostar: allez sur le site, car il y a de temps à autre des réductions (autour de 80€ Paris-Londres); le bus: c'est long, mais économique (Eurolines: Paris-Londres à 50/60€ AR)

 

                             - Le smic (ou National Mimimum wage) s'élève à 5£80 de l'heure pour les plus de 19ans, et si vous restez assez longtemps, on va vous demander votre numero de travailleur (on vous ne le demandera que si l'employeur est très pointilleux, mais dans l'hotellerie, bar, etc.). C'est un peu comme le numero de sécu, qui est bcp bcp plus simple à obtenir. Cela s'appelle le National Insurance Number. Soit vous allez sur internet et vous le faite by yourself ou bien une fois en angleterre, vous allez à un jobcentre (yen a partout, impossible de les manquer). Allez voir un conseiller qui vous conseillera sur les jobs, comment faire son CV, et qui vous fera le nécessaire pour ce numero. C'est un peu l'ANPE mais en bcp bcp plus simple et efficace.

 

  • Nouvelle-zélande, Australie, etc: pour y travailler, c'est plus difficile car il faut d'abord se procurer un visa court/long séjour avec/sans autorisation de travailler (tout dépend de ce que vous voulez faire, là aussi). Le visa, c'est très rapide à l'obtenir (pour l'Australie, ça se fait sur internet si vous êtes citoyen français). Pour y trouver un travail et un logement, gumtree.com est pour ainsi dire parfait. Sinon, vous pouvez toujours rentrer en contact avec des français vivant sur place grace au web (http://www.francedownunder.com/ : portail des français d'australie, qui vous hébergeront sans aucun problème, et vous aideront à trouver un travail)

 

Conseil: tout dépend la aussi de la durée du voyage: si vous restez moins 1 mois ou moins, alors pas la peine de créer un compte bancaire sur place. Demandez à vos parents de vous avancer de l'argent, puis vous les rembourserez en leur donnant les chèques que vous aurez reçu, à moins bien sur que vous soyez payé en liquide). Sinon, allez à votre banque et renseignez-vous pour savoir si vous avez ou si vous pouvez créer un compte recevant des transfert de l'étranger (beware les comptes étudiants, renseignez-vous). La vie est presque 2 fois plus chère, alors attention aux excès. Prévoyez de partir avec 100€ sur vous, et 500€ au minimum sur votre compte (on ne sait jamais).

 

 

Une question? N'hésitez pas!

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Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 17:17

La question n'est pas si simple qu'elle en a l'air. Et en aucun cas, je demande les opinions politiques des jeunes internautes. Mais que pensez-vous de la politique? Comment percevez-vous les hommes politiques en général? Qu'aimerais-tu apporter à la politique actuelle pratiquée en France?

 

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